Présentation de Marc Vasseur
Bio express : Marc Vasseur est référent territorial pour le dispositif national Cybermalveillance.gouv.fr à Bordeaux, en région Nouvelle-Aquitaine. Avec 15 ans d’expérience en cybersécurité, cet ancien gendarme spécialisé en cybercriminalité est également formateur pour l’ANSSI et accompagne les victimes depuis 2017.
Qu’est-ce que cybermalveillance.gouv.fr exactement ?
Question : Pouvez-vous nous présenter Cybermalveillance.gouv.fr ?
Marc Vasseur : Cybermalveillance.gouv.fr est une plateforme créée en 2017 sous la tutelle de l’ANSSI et du Ministère de l’Intérieur. Elle a pour mission d’assister les victimes de cybermalveillance, qu’il s’agisse de particuliers, d’entreprises, d’associations ou de collectivités. Le site propose des services gratuits, notamment un diagnostic en ligne et une orientation vers des prestataires labellisés compétents. Le dispositif est géré par le GIP ACYMA, le Groupement d’Intérêt Public Action contre la cybermalveillance.
La plateforme Cybermalveillance.gouv.fr s’inscrit dans une démarche plus large de sensibilisation à la cybersécurité, un domaine qui ne cesse de prendre de l’ampleur à mesure que notre société devient de plus en plus numérique. En raison de la multiplicité des menaces, la plateforme ne se contente pas de réagir aux incidents signalés ; elle met également un point d’honneur à éduquer le public sur les bonnes pratiques en matière de sécurité informatique. Ainsi, Cybermalveillance.gouv.fr propose une série de ressources pédagogiques, telles que des fiches pratiques et des guides thématiques, qui abordent des sujets variés allant de la sécurisation des mots de passe à la reconnaissance des e-mails frauduleux. L’objectif est de faire de chaque utilisateur un acteur de sa propre sécurité en ligne. En outre, le site organise régulièrement des campagnes de sensibilisation et des webinaires, en partenariat avec des experts de la cybersécurité, pour mieux faire connaître les enjeux du cyberespace. Cette approche proactive vise non seulement à réduire le nombre d’incidents, mais aussi à renforcer la résilience collective face aux cybermenaces. En favorisant une meilleure compréhension des risques numériques, Cybermalveillance.gouv.fr contribue à bâtir une culture de la sécurité qui profite à l’ensemble de la société.
Les arnaques les plus fréquentes en 2026
Question : Quelles sont les arnaques les plus fréquentes auxquelles vous êtes confronté en 2026 ?
L’annuaire propose une page de signalement et prévention des arnaques qui regroupe les démarches gratuites pour les particuliers, sans surtaxe cachée.
Marc Vasseur : En 2026, les arnaques les plus fréquentes restent dans la continuité des années précédentes. Le phishing, ou hameçonnage, est en tête avec 38 % des cas signalés. Les rançongiciels représentent 15 % des incidents, suivis par les fausses arnaques au support technique à hauteur de 12 %. Ces attaques peuvent toucher tout un chacun, d’où l’importance de la vigilance et de la prévention.
La persistance des arnaques telles que le phishing et les rançongiciels soulève des questions cruciales sur l’évolution des pratiques frauduleuses et les défis qu’elles posent aux systèmes de sécurité existants. Les cybercriminels font preuve d’une ingéniosité sans cesse renouvelée, adaptant leurs techniques pour contourner les protections mises en place par les utilisateurs et les entreprises. Par exemple, le phishing est de plus en plus sophistiqué, utilisant des méthodes telles que le spear phishing, où les attaques sont ciblées et personnalisées pour tromper des individus spécifiques. De même, les rançongiciels évoluent avec le développement de nouvelles variantes plus difficiles à détecter et à neutraliser. Face à ces menaces, la prévention reste la meilleure défense. Les entreprises investissent dans des formations régulières pour leurs employés afin de leur apprendre à reconnaître les signes avant-coureurs d’une attaque. De plus, l’adoption de solutions technologiques avancées, comme l’intelligence artificielle et le machine learning, permet de détecter plus rapidement les anomalies et de réagir efficacement aux incidents. Cependant, la vigilance des utilisateurs demeure un élément crucial, car même les systèmes les plus avancés peuvent être contournés par une simple erreur humaine. Ainsi, la lutte contre ces arnaques passe par une combinaison de technologie, de formation et de sensibilisation continue.
Procédure de signalement étape par étape
Question : Comment procéder pour signaler une attaque sur Cybermalveillance.gouv.fr ?
Marc Vasseur : Le signalement d’une attaque est simple. Il suffit de se rendre sur le site Cybermalveillance.gouv.fr et de remplir un formulaire de diagnostic en ligne. Ce dernier vous posera des questions précises pour identifier le type d’attaque. À l’issue, le site vous orientera vers un prestataire labellisé capable de vous aider, si nécessaire.
Le processus de signalement sur Cybermalveillance.gouv.fr est conçu pour être à la fois accessible et intuitif, afin d’encourager le plus grand nombre de victimes à franchir le pas. Une fois sur la plateforme, les utilisateurs sont guidés à travers plusieurs étapes clés. L’objectif principal est de permettre une identification précise et rapide du type de cyberattaque subie. Pour ce faire, le formulaire de diagnostic en ligne utilise une série de questions simples et directes. Ces questions couvrent différents aspects de l’incident, tels que la nature des symptômes observés (messages d’erreur, fichiers inaccessibles, etc.), le type d’équipement touché (ordinateur, smartphone, etc.) et l’impact perçu sur l’utilisateur. Une fois le diagnostic initial posé, Cybermalveillance.gouv.fr propose une liste de prestataires labellisés, choisis pour leur expertise et leur capacité à intervenir efficacement. Cette orientation est essentielle pour garantir que les victimes reçoivent l’aide la plus adaptée à leur situation. Le dispositif s’accompagne également de ressources pédagogiques, telles que des guides et des fiches pratiques, qui fournissent des conseils pour renforcer la sécurité numérique des utilisateurs. Ce double volet — assistance personnalisée et prévention — est au cœur de la démarche de Cybermalveillance.gouv.fr, soulignant l’importance d’une approche proactive et éducative face aux menaces cyber.

Au-delà de l’identification et de l’orientation, Cybermalveillance.gouv.fr joue un rôle essentiel dans l’accompagnement des victimes tout au long du processus de résolution de l’incident. Une fois le diagnostic établi, les utilisateurs peuvent bénéficier d’un suivi personnalisé de leur dossier, facilitant ainsi la mise en œuvre des solutions recommandées. Le dispositif met également à disposition un réseau de partenaires spécialisés, tels que des experts en récupération de données ou en réparation de systèmes endommagés, pour intervenir directement si nécessaire. Ce soutien est particulièrement précieux pour les petites entreprises et les associations, qui ne disposent pas toujours des ressources internes pour gérer ce type de crise. En outre, Cybermalveillance.gouv.fr encourage l’échange d’informations entre les victimes et les professionnels de la cybersécurité, créant ainsi une communauté de pratiques qui enrichit la compréhension collective des menaces et des solutions possibles. Cette approche collaborative contribue non seulement à résoudre les incidents plus efficacement, mais aussi à renforcer la capacité de tous à faire face aux défis futurs. En mettant l’accent sur la transparence et la coopération, le dispositif instaure une confiance durable entre les utilisateurs et les experts, essentielle pour une gestion proactive des risques numériques.
Le 0 805 805 817 : qui peut appeler ?
Question : Qui peut contacter le numéro 0 805 805 817 et pour quelles raisons ?
Marc Vasseur : Le numéro vert 0 805 805 817 est accessible gratuitement à tous : particuliers, entreprises, associations ou collectivités. Les appels sont possibles du lundi au vendredi, de 9h à 18h30. Ce service permet de poser des questions, d’obtenir des conseils et d’être orienté vers les ressources appropriées pour faire face à une cyberattaque.
L’accompagnement aux victimes
Question : Quel type d’accompagnement proposez-vous aux victimes ?
Le parcours complet d’aide aux victimes inclut un volet administratif que beaucoup de personnes ignorent : la fiche officielle Cybermalveillance.gouv.fr disponible dans notre annuaire recense les coordonnées vérifiées et les démarches gratuites, sans surtaxe cachée.
Marc Vasseur : Nous proposons un accompagnement personnalisé qui commence par l’écoute et le conseil. Ensuite, en fonction de la situation, nous orientons les victimes vers des prestataires labellisés ou des ressources spécifiques pour résoudre leur problème. Depuis 2017, plus de 2 millions de victimes ont bénéficié de notre assistance.
L’accompagnement des victimes de cybermalveillance par Cybermalveillance.gouv.fr va bien au-delà de la simple orientation vers des prestataires. Il s’agit d’un processus holistique qui commence dès le premier contact. Lorsque les victimes appellent le numéro vert ou se connectent au site, elles bénéficient d’une écoute attentive et bienveillante. Les conseillers sont formés pour comprendre les aspects émotionnels et psychologiques liés aux cyberattaques, qui peuvent souvent être traumatisants. Après cette première phase, un plan d’action est élaboré en fonction des besoins spécifiques de chaque victime. Les ressources pédagogiques, telles que les guides de bonnes pratiques et les tutoriels, jouent également un rôle crucial dans cet accompagnement. Elles permettent aux victimes de mieux comprendre ce qui leur est arrivé et comment éviter que cela ne se reproduise. Le suivi post-intervention est aussi un aspect clé, car il assure que les solutions mises en place sont efficaces à long terme. Les retours des utilisateurs sont systématiquement recueillis pour améliorer continuellement le dispositif. Grâce à cette approche globale, Cybermalveillance.gouv.fr ne se contente pas de résoudre des incidents isolés, mais contribue à renforcer la résilience collective face aux cybermenaces.
Comment porter plainte (Pré-plainte en ligne, commissariat)
Notre annuaire des services administratifs et publics propose les fiches officielles 3939, CPAM 3646 et France Travail 3949, utiles pour les démarches qui accompagnent souvent un dépôt de plainte pour escroquerie en ligne.
Question : Quelles sont les démarches pour porter plainte suite à une cyberattaque ?
Marc Vasseur : Porter plainte est une étape essentielle. Vous pouvez déposer une pré-plainte en ligne sur pré-plainte-en-ligne.gouv.fr, ce qui facilite le processus avant de vous rendre physiquement dans un commissariat ou une gendarmerie pour finaliser votre plainte. Les atteintes aux systèmes informatiques relèvent des articles 323-1 à 323-7 du Code pénal.
Les prestataires labellisés : qui contacter ?
Question : Qui sont les prestataires labellisés et comment les contacter ?
Marc Vasseur : Les prestataires labellisés sont des professionnels reconnus pour leur expertise en cybersécurité. Ils sont sélectionnés sur la base de critères rigoureux établis par Cybermalveillance.gouv.fr. Vous pouvez les contacter via le diagnostic en ligne qui vous dirigera vers le prestataire le plus adapté à votre situation.
Choisir un prestataire labellisé par Cybermalveillance.gouv.fr est un gage de qualité et de sécurité pour les victimes de cyberattaques. Ces prestataires sont rigoureusement sélectionnés sur la base de critères stricts définis par le GIP ACYMA. Ces critères incluent, entre autres, la compétence technique, la capacité de réponse rapide, et le respect des normes éthiques et déontologiques. Chaque prestataire est soumis à une évaluation régulière pour s’assurer qu’il maintient un niveau de service élevé. En cas de problème, les utilisateurs peuvent faire remonter leurs commentaires à Cybermalveillance.gouv.fr, qui prend alors les mesures nécessaires pour rectifier la situation. Les prestataires labellisés ne se contentent pas de résoudre les problèmes immédiats ; ils proposent également des solutions pérennes pour protéger les systèmes informatiques des utilisateurs à l’avenir. Ils peuvent, par exemple, recommander des mises à jour logicielles, des solutions de sauvegarde ou des formations à la cybersécurité pour sensibiliser les équipes internes. En travaillant main dans la main avec ces experts, les victimes de cyberattaques peuvent retrouver rapidement un sentiment de sécurité et de maîtrise sur leurs outils numériques.

Conseils de prévention concrets
Question : Quels conseils de prévention pouvez-vous donner aux utilisateurs ?
Marc Vasseur : Voici quelques conseils essentiels :
- Toujours vérifier l’authenticité des emails et des liens avant de cliquer.
- Utiliser des mots de passe robustes et uniques pour chaque service.
- Mettre à jour régulièrement vos logiciels et systèmes d’exploitation.
- Sauvegarder vos données de manière sécurisée et fréquente.
Pour plus de conseils, vous pouvez consulter la sécurité applicative et bonnes pratiques de développement web.
Les retours d’expérience opérationnels
Cybermalveillance.gouv.fr a accumulé une vaste base de données d’expériences opérationnelles depuis sa création en 2017, ce qui lui permet de constamment affiner ses services et d’améliorer sa réactivité face aux cybermenaces. Les retours d’expérience sont collectés à travers divers canaux, notamment les retours directs des victimes, les rapports des prestataires labellisés et les analyses menées par le GIP ACYMA. Ces données sont cruciales pour identifier les tendances émergentes dans la cybercriminalité et ajuster les approches en conséquence.
Un aspect clé des retours d’expérience est l’évaluation de l’efficacité des interventions des prestataires labellisés. Ces évaluations permettent non seulement de garantir une qualité de service homogène, mais aussi d’identifier les meilleures pratiques qui peuvent être partagées avec l’ensemble du réseau. Ainsi, les prestataires peuvent bénéficier de l’expertise collective et ajuster leurs méthodes en fonction des enseignements tirés de situations réelles.
De plus, Cybermalveillance.gouv.fr utilise ces retours pour enrichir ses ressources pédagogiques. Par exemple, des cas typiques de phishing ou de rançongiciels sont régulièrement ajoutés aux guides et fiches pratiques. Ces documents sont ensuite diffusés à grande échelle pour sensibiliser le public et prévenir de futures attaques.
Enfin, les retours d’expérience alimentent également les discussions avec les partenaires institutionnels, tels que l’ANSSI et le Ministère de l’Intérieur. Ils servent à orienter les politiques publiques en matière de cybersécurité, en mettant en lumière les domaines nécessitant une attention particulière ou des ressources supplémentaires. Ainsi, Cybermalveillance.gouv.fr joue un rôle central dans l’amélioration continue de l’écosystème de cybersécurité en France, garantissant une réponse adaptée et efficace aux défis posés par la cybercriminalité moderne.
Les évolutions législatives 2025-2026
Les évolutions législatives récentes en matière de cybersécurité témoignent d’une prise de conscience accrue des enjeux liés à la protection des infrastructures numériques et des données personnelles. En 2025-2026, plusieurs lois et règlements ont été adoptés pour renforcer le cadre juridique existant et améliorer la résilience des systèmes face aux cyberattaques. Parmi ces mesures, on trouve l’obligation pour les entreprises de notifier toute violation de données à caractère personnel dans un délai de 72 heures. Cette exigence vise à garantir une réponse rapide aux incidents, permettant ainsi de limiter les dommages potentiels et de restaurer la confiance des utilisateurs.
Pour toute démarche administrative connexe (déclaration de perte de papiers, signalement à l’administration, demande d’aide juridictionnelle), le 3939 Allô Service Public reste l’interlocuteur unique recommandé en complément du dispositif Cybermalveillance.gouv.fr.
De plus, les législations récentes encouragent l’adoption de normes de sécurité élevées, notamment pour les opérateurs de services essentiels et les infrastructures critiques. Ces entités doivent désormais se conformer à des standards stricts en matière de protection des réseaux et des systèmes d’information, sous peine de sanctions sévères en cas de non-conformité. Les pouvoirs publics ont également renforcé les ressources allouées aux agences de cybersécurité, telles que l’ANSSI, en augmentant leur budget et en élargissant leurs prérogatives d’intervention.
Par ailleurs, une attention particulière est accordée à la protection des consommateurs, avec l’introduction de nouvelles réglementations visant à encadrer la collecte et l’utilisation des données personnelles. Ces règles s’inscrivent dans la continuité du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), en renforçant les droits des individus sur leurs informations et en imposant des obligations supplémentaires aux responsables de traitement. Les entreprises doivent désormais se doter de délégués à la protection des données (DPO) et mettre en place des procédures internes pour assurer la conformité continue.
Enfin, les évolutions législatives incluent des dispositions spécifiques pour l’éducation et la sensibilisation à la cybersécurité. Les programmes scolaires intègrent désormais des modules sur la sécurité numérique, visant à préparer les jeunes générations aux défis du monde connecté. Cette approche éducative est également soutenue par des campagnes nationales de sensibilisation, qui visent à informer le grand public sur les bonnes pratiques à adopter pour se protéger des cybermenaces. L’ensemble de ces mesures législatives reflète une volonté politique claire de construire un environnement numérique plus sûr et résilient, où chacun peut naviguer en toute confiance.